Accueil Découvrez Villers Pleins feux sur les Villarois Marie-Odile Laroche, une grande résistante
Pauline Gabrielle Gaillard naît à Villers-lès-Nancy le 9 avril 1895.
Pendant la guerre 1914-1918, elle soigne bénévolement les malades à l'hôpital Villemin.
En 1918, elle se marie avec Monsieur de Saint-Venant. Les deux époux créent un atelier de lingerie qu'elle continuera à gérer, seule, après la mort de son époux en 1933.
Pendant la seconde guerre mondiale, dès 1940, elle aide quelques prisonniers puis, des dizaines qui arrivent chaque jour. Elle les recueille, les loge, les habille, les transporte et les nourrit. Elle est secondée par ses amis, puis par l'Entraide Française, la Croix-Rouge et la Maison du Prisonnier. Elle réussit à procurer, à ces personnes en difficulté, des cartes d'alimentation, si difficiles à obtenir. Quand arrive l'époque où des papiers d'identité sont nécessaires, elle en obtient qui sont invérifiables : les fugitifs bruns « naissent» en Afrique du Nord, les blonds dans le Nord ou l'Est de la France, mais toujours dans des localités où les archives sont détruites.
Madame de Saint-Venant est recherchée par la Gestapo. Après avoir échappé à une première arrestation, elle change d'identité et devient Marie-Odile Laroche. Marie-Odile sera son nom de résistante. Elle part pour Lyon où, dès la première semaine, son réseau fonctionne. Israélites, prisonniers réfractaires et Lorrains déserteurs de l'armée allemande obtiennent son aide. Elle s'intéresse aussi aux Renseignements. Une nouvelle menace d'arrestation à Lyon l'oblige à partir. Quelques jours plus tard, elle est à Paris. Elle réorganise un réseau qui assure des rapatriements vers l'Angleterre, des transports d’armes et des contacts avec Genève.
Le 4 mai 1944, elle est arrêtée, conduite rue des Saussaies où elle est interrogée puis elle est incarcérée à Fresnes jusqu'au 1er août. En trois mois, les bourreaux n'ont rien obtenu d'elle. Le 15 août, elle est sur la liste d'un convoi qui part vers Ravensbrück. Elle y retrouve sa jeune soeur.
Ensuite, elle est emmenée vers un grand centre industriel, Torgau, où elle refuse le travail en usine. Après un nouveau passage par Ravensbrück, elle se retrouve à Konigsberg, le plus sinistre et le plus dur des camps de femmes. Puis, c'est la fuite, avec les Allemands, devant les troupes alliées, pour revenir à Ravensbrück où elle décède le 23 mars 1945.
Marie-Odile a favorisé plus de 30 000 passages de la ligne de démarcation. Son réseau a compté 80 morts et 200 déportés. Ses actions lui ont valu, à titre posthume, de nombreuses décorations tant de la France que de l'Angleterre et des USA : Medal of Freedom avec palmes d'argent, King's Medal for courage avec palmes d'argent, Médaille de la Résistance Française avec rosette, Légion d'Honneur avec le grade de Chevalier et Croix de Guerre avec palmes et citation à l'ordre de l'armée.
Merci à Frédéric Maguin qui nous a permis de reproduire ici un extrait de son ouvrage Femmes célèbres de Nancy, paru aux éditions Koidneuf.
Marie-Odile Laroche, une grande résistante
Pauline Gabrielle Gaillard naît à Villers-lès-Nancy le 9 avril 1895.Pendant la guerre 1914-1918, elle soigne bénévolement les malades à l'hôpital Villemin.
En 1918, elle se marie avec Monsieur de Saint-Venant. Les deux époux créent un atelier de lingerie qu'elle continuera à gérer, seule, après la mort de son époux en 1933.
Pendant la seconde guerre mondiale, dès 1940, elle aide quelques prisonniers puis, des dizaines qui arrivent chaque jour. Elle les recueille, les loge, les habille, les transporte et les nourrit. Elle est secondée par ses amis, puis par l'Entraide Française, la Croix-Rouge et la Maison du Prisonnier. Elle réussit à procurer, à ces personnes en difficulté, des cartes d'alimentation, si difficiles à obtenir. Quand arrive l'époque où des papiers d'identité sont nécessaires, elle en obtient qui sont invérifiables : les fugitifs bruns « naissent» en Afrique du Nord, les blonds dans le Nord ou l'Est de la France, mais toujours dans des localités où les archives sont détruites.
Madame de Saint-Venant est recherchée par la Gestapo. Après avoir échappé à une première arrestation, elle change d'identité et devient Marie-Odile Laroche. Marie-Odile sera son nom de résistante. Elle part pour Lyon où, dès la première semaine, son réseau fonctionne. Israélites, prisonniers réfractaires et Lorrains déserteurs de l'armée allemande obtiennent son aide. Elle s'intéresse aussi aux Renseignements. Une nouvelle menace d'arrestation à Lyon l'oblige à partir. Quelques jours plus tard, elle est à Paris. Elle réorganise un réseau qui assure des rapatriements vers l'Angleterre, des transports d’armes et des contacts avec Genève.
Le 4 mai 1944, elle est arrêtée, conduite rue des Saussaies où elle est interrogée puis elle est incarcérée à Fresnes jusqu'au 1er août. En trois mois, les bourreaux n'ont rien obtenu d'elle. Le 15 août, elle est sur la liste d'un convoi qui part vers Ravensbrück. Elle y retrouve sa jeune soeur.
Ensuite, elle est emmenée vers un grand centre industriel, Torgau, où elle refuse le travail en usine. Après un nouveau passage par Ravensbrück, elle se retrouve à Konigsberg, le plus sinistre et le plus dur des camps de femmes. Puis, c'est la fuite, avec les Allemands, devant les troupes alliées, pour revenir à Ravensbrück où elle décède le 23 mars 1945.
Marie-Odile a favorisé plus de 30 000 passages de la ligne de démarcation. Son réseau a compté 80 morts et 200 déportés. Ses actions lui ont valu, à titre posthume, de nombreuses décorations tant de la France que de l'Angleterre et des USA : Medal of Freedom avec palmes d'argent, King's Medal for courage avec palmes d'argent, Médaille de la Résistance Française avec rosette, Légion d'Honneur avec le grade de Chevalier et Croix de Guerre avec palmes et citation à l'ordre de l'armée.
Merci à Frédéric Maguin qui nous a permis de reproduire ici un extrait de son ouvrage Femmes célèbres de Nancy, paru aux éditions Koidneuf.

















